Bretagne

Quimper, pays de légendes (cheloues)

Petit Top 3 des légendes du pays de Quimper.

3. La plus triste : le roi Gradlon et sa fille

Il était une fois un roi qui avait la classe : Gradlon avait un cheval qui savait galoper sur les flots (Morvarc’h) et avait comme petite amie une fée, Malgven. Il eut même une fille avec elle : Dahut.

Dahut

Et ils s’installèrent dans une cité merveilleuse construite à côté de la mer, Ys. FIN.

Non, je déconne.

Comme on sait que le malheur vient TOUJOURS des femmes (*tousse tousse*), c’est Dahut qui condamna sa ville. Parce que la princesse couchait avec tout le monde (bah oui, c’est une femme)(*tousse tousse*), elle fit un jour des galipettes avec la mauvaise personne. Qui lui demanda gentiment les clefs de la ville.

Et Dahut, elle a beau être une catin, elle a un coeur d’or, nom d’Dieu ! Alors, elle passa le trousseau…au Diable, qui se dépêcha d’aller ouvrir la digue qui retenait la mer. Et celle-ci se déversa sur la ville.

Ni une, ni deux, Gradlon sauta sur son cheval pour échapper aux vagues, prit sa fille avec lui et partit au galop tandis que l’océan détruisait la cité. Sauf que les flots les menaçaient toujours. Soudain, le roi entendit une voix. C’était Saint-Guénolé (va savoir ce qu’il foutait là). « Lâche ta fille, Gradlon ! hurlait-il. C’est à cause de ses pêchés que la ville est engloutie ! Lâche-là ! »

Et, comme tout père aimant…bah Gradlon lâcha sa fille, qui disparut dans les vagues. Et devint une sirène. FIN…de la légende officielle.

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Le tableau le plus connu représentant cette légende : « La fuite du roi Gradlon », d’Evariste-Vital Luminais, peint vers 1884.

Parce que j’aime beaucoup cette suite que l’on peut entendre à certains endroits : pris de remords, mais n’appartenant plus au même monde que sa fille, chaque soir, Gradlon allait s’asseoir à côté du puits. Et essuyait une petite larmichette en entendant les chants de Dahut remonter de l’eau. VRAIE FIN.

A noter que, depuis, pour être pépère en cas de fuites d’eau inopinées, Gradlon s’est posé pile entre les deux tours de la cathédrale de Quimper, sur Morvarc’h.

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2. La plus WTF : Corentin et le poisson magique

(On dirait le titre d’un livre pour enfants)

(C’est pas le cas)

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La légende raconte que l’ermite Corentin, pour se nourrir, pêchait chaque jour le même poisson, le mangeait, puis le remettait dans l’eau…où il redevenait un poisson vivant. Poisson qu’il pêchait le jour suivant, etc, etc.

Moi je crois surtout que, Corentin, il s’emmerdait un peu tout seul. Alors, quand, un jour, il eut la visite de son roi, il en profita pour lui faire une petite blague (parce qu’il n’avait personne avec qui plaisanter, le pauvre).

Saint-Corentin : Eh, roi Gradlon, regarde comment je fais pour me nourrir chaque jour (mdr) ! Je découpe une part de ce poisson, et quand je le replonge dans l’eau, hop, il se reconstitue et je le repêche ! Et je fais ça chaque jour (lol)

Roi Gradlon : Waouh !!! Pour te montrer mon admiration, je te donne mon château, et je te fais premier évêque de mon royaume !

Saint-Corentin : Euh… D’accord !

Moralité : pour devenir évêque, faut avoir de sacrées blagues.

1. La plus alcoolisée : Jean de la Grève

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Oui, c’est une illustration anonyme utilisée pour parler de Slenderman. Mais Jean de la Grève, c’est un peu le Slenderman breton, hein ! Bon d’accord, de loin…avec un oeil fermé…

On connait tous des légendes inventées pour que les enfants ne s’approchent pas des bois, où ils pourraient se perdre (exemple : Hansel et Gretel). Ma préférée, c’est celle de Yann An Aod (en breton), ou Jean de la Grève (en français), qui combine deux choses dangereuses : les bois…et les gens bourrés qui t’insultent.

Jean de la Grève, c’est un personnage qui se tient à l’orée des bois et te provoque en t’insultant (« Philippe ! Viens ici que je te bute, sale *** »). Il ne faut SURTOUT pas lui répondre.

Parce que, si tu le fais (« Ta *** ! Viens ici sale *** ! »), le type se rapproche. Et s’arrête à la moitié de la distance entre lui et toi. Avant de recommencer à t’insulter (« S****d ! »).

Et là, par contre, si tu lui réponds encore une fois, Yann/Jean s’énerve vraiment et arrive pour te mettre une torgnole.

C’est un peu comme le film It follows en fait. Sauf avec un mauvais esprit breton bourré qui ne fait que la moitié du chemin à chaque fois (pas facile de marcher quand on a un coup dans le nez).

 

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Japon

Où caresser une chouette/un hibou (et le regretter tout de suite après) ?

Dans un coin de la pièce décorée de faux arbres, Kawaï somnole. La petite chouette fait partie de la dizaine d’oiseaux à être exposés dans ce café à hiboux d’une rue populaire de Tokyo (Japon).

Pour quelques euros, touristes et locaux s’y pressent pour caresser et prendre en photos les rapaces. Et nous, on n’est pas en reste : on dégaine sans arrêt notre appareil photo, on frôle des ailes toutes douces, on se pâme devant des bouilles trop mignonnes…

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Et puis soudain, c’est le drame. Une petite chouette bascule. Et se retrouve pendue à un pied, l’air étonné, incapable de se redresser ni de s’envoler. L’employée du café se précipite sur l’animal en bredouillant un tas d’excuses en japonais. Malaise.

Car, si dans les cafés à chats, les félins sont libres dans leurs mouvements, dans celui à hiboux, tous sont fermement attachés à une fausse branche. Non, ils ne restent pas là tout le temps, on les emmène se reposer la nuit à côté, nous affirme-t-on. Sauf que la nuit n’est pas paisible non plus.

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L’entrée d’un des lieux présentant au public des hiboux et chouettes à caresser.

Dans les vidéos tournées clandestinement par des associations, on voit les pauvres bêtes enfermées dans de petites cages. Interdit de voler. Et, pendant les journées, « les chouettes ne peuvent pas bouger, ne peuvent pas boire quand elles le veulent et sont incapables de s’enfuir quand on les touche », s’insurge l’association japonaise Animal Rights Center, que j’avais contactée en début d’année.

Plus de 58 000 personnes ont signé leur pétition pour faire fermer ce genre d’endroits où, martèle l’association, les volatiles sont maltraités. « Un employé de café a hiboux nous a dit qu’en au an, six chouettes sur trente étaient mortes. » Sympa.

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Hibou qui vous juge.

Et en France ? « Ce genre de cafés est interdit pour les espèces protégées, me répond Marie Albert, de la Ligue de protection des oiseaux. Les chouettes et hiboux, à l’exception du grand-duc, ne sont pas autorisés à la détention. »