Alsace

Où pécho comme Goethe ?

« Le musée Goethe ? Mais bien sûr, c’est vers là. » Le serveur a un costume impeccable, tout comme tous les gens de l’Auberge au boeuf. Et moi, dans mon jean-T-shirt délavé, je me sens un poil bête.

On le suit jusque dans la cour. Là, il sort une longue clef de sa poche, du genre qu’on ne voit que dans les films (ou Fort Boyard), et ouvre une petite pièce.

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A l’intérieur : des cartes postales, des photos, des bustes aux airs sévères… Bref, tout pour rappeler qu’ici, il y a 247 ans (oui j’ai sorti ma calculette), à Sessenheim (bourgade d’Alsace de 2 000 habitants), le poète Johann Wolfgang Goethe a pécho. Oui, mes amis : depuis 247 ans, Sessenheim célèbre la péchoïsation de l’auteur allemand.

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On rembobine. En octobre 1770, le pasteur du village reçoit la visite d’un ami. Avec lui, un certain Goethe, alors étudiant à Strasbourg. Ce dernier, dès qu’il voit la fille du religieux, en tombe fou amoureux. Johann Wolfgang a 21 ans, Frédérique Brion en a 18 : c’est le début d’une idylle qui durera un an.

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Le tour de la pièce est riche en documents, mais peu en infos, sauf si on déchiffre le vieil allemand gothique. Après un petit tour, direction le Mémorial de Goethe, à quelques pas de là. Et en Alsace, on ne fait pas les choses à moitié : le mémorial en question, c’est carrément une maison.

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Bon d’accord, une petite maison.

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Mais une maison quand même ! A l’intérieur, un ENORME buste du poète.

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Il y aussi quelques explications et des citations au mur, dont celle-ci :

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C’est beau.

Juste à côté du Mémorial, j’aperçois une grange à colombages. C’est là que Goethe faisait rire les gens du village à un tel point « qu’ils ne pouvaient plus continuer à travailler », nous dit le site de Sessenheim.

Et à un tel point que personne ne remarqua que le bâtiment ne tenait plus vraiment debout, avant de s’écrouler carrément un matin (bon, d’accord, c’était en 1926, mais les blagues de Goethe étaient si drôles qu’il y en avait encore qui rigolaient, si si).

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Heureusement, on reconstruisit tout ça  avant d’y appliquer plein de panneaux en référence à Goethe.

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En cherchant le Goethehügel (un tumulus de l’âge de Fer où G. et F. fricotaient), je me pose plein de questions : c’était quoi, une « idylle », en 1770  ? Faut-il pécho quelqu’un de Sessenheim pour devenir célèbre ? Est-ce que ça ne fait pas une demi-heure que je marche pour trouver ce satané tumulus alors que c’était écrit 10 minutes sur le panneau, mais voilà, c’était peut-être pour les vélos, je lis trop vite, c’est énervant ?

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Oui, j’ai fait des photos pour faire passer le temps en cherchant le Goethehügel.

Le soleil tape, j’ai soif, je suis fatiguée, j’en ai marre, bon Dieu je suis en train de redevenir un enfant de 6 ans, et on décide de faire demi-tour. Tant pis pour le Goethehügel.

On remonte dans la voiture, on fait un petit coucou à l’ENORME buste au passage et on se prend à rêver : peut-être qu’un jour, nous aussi, on nous construira une petite maison bardée de citations…

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Bretagne

[TUTORIEL] Où et comment couronner un prince ?

  1. Se munir de scotch.
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  2. Sortir sa galette des rois du congélo et s’arranger pour avoir la fève, donc la couronne.
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  3. Aller en Ille-et-Vilaine, mettre le scotch sur la couronne et fixer le tout sur ce panneau.
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  4. Louer l’administration française d’avoir omis un accent. Car, en vrai, cette petite commune bretonne de 374 habitants ne s’appelle pas « Prince », mais « Princé ». Et, mince, ses habitants ne s’appellent pas les Princes mais les Princéens.

    Princé, on ne fait souvent que la traverser, notamment pour relier Fougères à Laval…et c’est bien dommage. Pour preuve :

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    En plus, à même pas 400 habitants, elle peut se targuer d’avoir une page Wikipédia digne de ce nom. On y apprend, entre autres, que la commune est traversée par deux voies romaines, que des Chouans s’y installèrent ou qu’un avion s’y écrasa en juin 44.

Normandie

Les charmes discrets d’un parc d’activités

Personne n’a l’idée de se promener dans le parc d’activités Citis, à Hérouville-Saint-Clair, juste à la limite de Caen (Calvados, Normandie).

C’est loin des abbayes, du Mémorial ou des plages ; c’est à côté d’un campus rempli de jeunes qui rigolent forts et dans une zone où les salariés ne rigolent pas ; et ça longe un rond-point où il faut quasi une intervention divine pour pouvoir traverser sur les passages cloutés pendant les heures de pointe.

Pourtant, on y trouve de chouettes trucs. Comme…

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Des résidences sur pilotis

Sans doute les meilleurs logements étudiants au monde. Il y a même de petites passerelles sur l’eau où, dès que vous passez, tous les canards croient que vous leur apportez un casse-croûte.

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Une fois, j’ai même vu une petite poule d’eau faire son nid sur un ponton. Trop meugnon.

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L’Elysée

Laissez tomber l’Elysée parisien, trop snob et secret. Préférez l’Elysée hérouvillais, un resto spécialisé dans les burgers, où l’on mange sous le regard des présidents de la République.

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Des buttes-crapauds

A côté du rond-point « Citis », des paysagistes se sont amusés à faire des buttes qui ressemblent un peu à des batraciens (mais si, regardez bien). C’est rigolo et, en plus, on peut monter dessus pour rejouer la scène de Rafiki montrant Simba au peuple.

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Des lapins sauvages

Ils s’enfuient dès que vous passez à côté des buttes-crapauds. Ou vous regardent quand vous faîtes le tour du rond-point Citis. Trop meugnon 2, le retour.

Auvergne-Rhône-Alpes

Où voir un Alien en France ?

Elle est là, devant moi. La bave scintillante. La gueule ouverte. Avec des chaînes qui cliquettent pour la retenir. Et moi, je reste immobile, les bras ballants. Et tout ce qui me vient à l’esprit, c’est : « Waouh. »

Voilà. C’était ma première rencontre avec un alien. Plus précisément, une Reine Alien. Celle inventée par le Suisse H.R Ginger et star des films « Alien » et « Prometheus ».

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Crédit photo : AFP.

Pour faire cette rencontre, il faut arpenter les rues tortueuses du vieux Lyon. Et s’aventurer dans le Musée miniatures et cinéma de Dan Ohlmann.

L’homme est à la base ébéniste et architecte d’intérieur. Mais sa grande passion, c’est la miniature, qui lui permet de rencontrer des équipes de tournage (par exemple, celle de « Star Wars »). Un jour, il décide de créer son propre musée en alliant décors reconstruits de manière riquiqui et objets de cinéma, ayant été fabriqués ou utilisés pour des films.

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L’homme, avec une tête de dinosaure de « Jurassic Park » (crédit photo : J. Eigenmann)

Parmi eux, un Mogwaï du film « Gremlins ».

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Une tête de la série « Mafiosa ».

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Les cartes de police des acteurs de « Taxi ».

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Un moulage de la tête de Tom Cruise (???).

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Et donc, la fameuse Reine. La vraie, pas Cerseï ou Babeth 2 : la Reine d’Alien, ses 500 kg et son bon 3 mètres de haut. Impressionnante. Tout comme son histoire.

Véritablement abandonnée (elle se décomposait dans un studio hollywoodien depuis 10 ans et était prête à partir à la benne !), la maquette de la bête est récupérée par les équipes de Dan Ohlmann, qui la remettent sur pied (plus de détails dans ce super article du Monde).

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Crédit photo : Gaudin-Ramet

Pour un résultat qui a de la gueule : même inanimé (l’Alien effectue des mouvements en grognant et en agitant ses chaines normalement depuis ma visite), le monstre laisse bouche bée plusieurs minutes, tant il semble réaliste.

Dan Ohlmann a même confié au Monde qu’une véritable communauté s’était créée autour de la Reine avec des individus « aux cheveux longs, façon Black Sabbath, [qui] arborent des signes celtiques ou des tatouages à son honneur » et des filles tout droit « sorties de la Famille Adams ».

>>> le site du musée Miniatures et cinéma

Bretagne

J’ai visité Napoléonville

Un jour, alors qu’il zonait sur Internet, Napoléon Bonaparte a eu une idée. Et il a tapé dans Google :

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Bon, il n’a pas bien compris, parce qu’il n’est tombé que sur des sites parlant de la Syrie, alors il a fait appel à ses potes.

Ils lui ont parlé d’une ville en apparence parfaite : les gens y étaient pour la Révolution et les idées nouvelles, c’était situé entre deux mers, au centre de la Bretagne, et y’avait une rivière qui pouvait bien être raccordée à d’autres rivières, ce qui serait bien pratique pour déplacer des troupes.

C’est donc (à peu près) comme ça que Napoléon Bonaparte choisit Pontivy (Morbihan, Bretagne) pour être « dans la paix le centre d’un grand commerce et, dans la guerre, un centre militaire important ».

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« Je te choisis toi, Pontivy ! »

Difficile, ce vendredi-là, d’imaginer la ville et ses longues rues pleines de voitures être la capitale dont Napoléon avait rêvé. Même la place Aristide-Briand, où Napoléon imaginait 10 000 soldats défiler jusqu’à la nuit des temps, est devenue un immense parking.

La guide de la Ville est enthousiaste. Elle nous montre des plans, nous entraîne gaiement à la découverte des monuments napoléoniens. Le premier qu’elle nous montre à Napoléonville (nom que porta Pontivy du 9 novembre 1804 au 14 avril 1814, du 9 mars à fin juin 1815, et du 15 avril 1852 au 21 octobre 1870) : la prison. Enfin, ce qu’il n’en reste…pas.

Celle qui fut construite au début du 19e siècle a été bonnement et simplement rasée. Et une Poste a été érigée dessus à la place. Je vous laisse réfléchir sur la symbolique.

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Pourtant, elle était rigolote cette prison. Quand on l’a construite, on a oublié un petit détail : les barreaux aux fenêtres. Autant dire que pas mal de prisonniers se sont faits la malle. Autre détail, moins marrant : elle était reliée directement au tribunal. Ce qui fait que certains condamnés, une fois entrés dans la salle d’audience, pouvaient ne pas revoir la lumière du jour avant un bout de temps.

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Le tribunal.

Les vestiges de la grande époque napoléonienne sont partout. Napoléon n’a peut-être pas eu le temps de venir, mais ses projets pour la ville se sont concrétisés : là, un quartier de cavalerie ; ici, un magasin de stockage des fourrages ; là-bas, le lycée impérial ; ou encore la gare de chemin de fer, inaugurée en 1864.

La guide nous raconte quelques détails amusants. Comme le fait que l’hôtel de ville a mis deux ans à voir ses travaux commencer, car on avait perdu des plans (ah, l’administration française…).

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Elle nous montre aussi cette rue, victime de l’Histoire : d’abord rue Impériale, on l’a ensuite rebaptisé rue Royale, avant qu’elle ne prenne le nom de Rue nationale.

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On voit encore les noms effacés, en haut.

Mais, mon histoire préférée, c’est celle-ci. Les habitants en avaient marre de leur vieille église.

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C’est elle, la vieille église.

Alors, ils ont tanné le neveu de Napo, Napoléon III, pour qu’il leur file un peu de thune afin de faire un tout nouveau monument. L’homme d’Etat accepte : les travaux pour l’église impériale Saint-Joseph commencent. Sauf que, oups, il n’y a pas assez d’argent pour finir le chantier. Pas grave, l’église n’aura pas de flèche.

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Les paroissiens investissent l’édifice. Et là, c’est le drame : lors des messes, ils se rendent compte que l’acoustique est toute pourrie. Après s’être jetés des regards éloquents, ils décident tout bonnement de retourner dans l’autre église. La vieille.

Aujourd’hui, il y a encore « de temps en temps » des offices religieux, nous assure la guide. Mais Saint-Joseph sert surtout de support à des expositions.

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>>> Le site de l’office de tourisme de Pontivy Communauté.

Nouvelle-Aquitaine

Comment rater son week-end dans le Bassin d’Arcachon

Faire son radin à la dune du Pilat

Pour accéder à la plus grande dune naturelle d’Europe, il y a un parking. Payant. Alors, on décide de tricher : direction le camping le plus proche, ses places gratuites et son accès à la grande jaune. Sauf que, oups, en prenant cette option, ce ne sont pas les escaliers royaux qu’on a.

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Ceux-ci (Crédit : justeacote.com).

 

Mais cette sorte d’échelle hyper raide où tu commences en te cassant la gueule et ou tu finis à quatre pattes dans le sable.

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Lui, il commence direct à quatre pattes.

 

Heureusement, la vue à l’arrivée est gigantesque, surtout quand on vient au coucher du soleil.

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Sauf qu’on est pas les seuls à profiter du spectacle : des milliers d’insectes aussi. Des coccinelles m’escaladent, des mouches visent mes yeux, tandis qu’un truc noir et bizarre commence à marcher vers moi. Bon, c’est quand qu’il se couche, ce satané soleil !?

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Reste après à descendre à pattes la dune. Personnes sujettes au vertige s’abstenir.

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Aller au restaurant

Vous étiez pauvres et vous ne le saviez pas ? Et bien vous l’apprendrez très rapidement dans le Bassin d’Arcachon.

Le petit resto qui a de mignonnes lanternes qui s’allument la nuit, où ça sent le barbecue et où l’on passe du Patrick Sébastien ? Hors de prix. Le plat avec quatre pauvres gambas et trois pauvres coquilles Saint-Jacques engluées dans une sauce digne de mamie ? Hors de prix. Et pour cause : l’endroit n’est pas qu’un repaire de touristes, mais aussi de gens riches.

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On en croise pas mal vers Arcachon et encore plus en face, au Cap Ferret. Un endroit où s’alignent des villas à louer pour une fortune (Léonardo Di Caprio fait partie de ses hôtes) et où des petites gamins aux papas fortunés hurlent depuis la plage, en te voyant passer dans un bateau à touristes : « Traîne-couillons ! »

Se rendre compte que tu as de plus grands pieds qu’Eric Tabarly

Aaargh !

Se rendre compte qu’on pourrait y habiter toute l’année dans une maison de rois

Bien sûr, tu as pris l’hôtel le moins cher. Bien sûr, ses murs ont l’épaisseur d’un petit doigt. Ce qui fait qu’à chaque fois que quelqu’un frôle ta chambre, tu as l’impression que le GIGN est en train de défoncer ta porte. Mais, ouf, l’hôtel a un accès à la mer…qui est barré par des travaux. Argh.

Et dire que, pas très loin, dans le quartier de la Ville d’hiver d’Arcachon, tu as des villas à se damner. Elles sont tellement grandes que leurs proprios les scindent en appart et les louent.

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L’origine de cette Ville d’hiver vient de l’engouement pour les bains de mer. On est au 19e siècle et on croit que, l’air marin, y’a rien de mieux. On commence à construire une espèce de grand quartier sanatorium. Et des gens riches y font construire leurs propres maisons.

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Parmi eux, de sacrés cas. Je pense notamment à Laird Mac Gregor, un aristocrate écossais assez excentrique. Tous les jours, emmitouflé sous des plaids, il faisait des balades dans ce qu’on appelait « une voiture à cheval ». Il retirait une à une ses couvertures dans des lieux précis, où ses esclaves, pardon, ses valets, l’attendaient.

 

Alsace

Trois endroits insolites à voir à Strasbourg

  • Un passage peuplé de statues bizarres. Entre le Musée d’art moderne et contemporain et la Petite France se jette un pont couvert : c’est le barrage Vauban. En grimpant les escaliers, on parvient à la vue la plus clichée de Strasbourg.IMG_4122

    Mince, c’est de l’autre côté.

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    Mais, en restant dans la partie « rez-de-chaussée », on entre dans le passage Georges Frankhauser. Et on y croise de drôles de bonshommes.

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    Des statues et moulages en plâtre (parfois un peu chelous) sont exposés là. Ils proviendraient de la cathédrale et du Palais Rohan.

     

  • Un endroit où c’est Noël toute l’année. Strasbourg, c’est les marchés de Noël, la neige, l’odeur du vin chaud, les lumières qui dansent, le grand sapin de la place Kléber… Pas de bol, le seul créneau que vous avez trouvé…c’est juillet. Pas grave : dans le quartier hyper-touristique de la Petite France se dresse le magasin Un Noël en Alsace. A l’intérieur, des chants de Noël et de quoi décorer mille sapins pendant mille ans. Et c’est ouvert toute l’année.IMG_4140
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  • Un mesureur de ventre. Il y a plein de choses à voir et à dire sur la place de la cathédrale. Par exemple, ce truc là, gris, à droite, serait un obus encore coincé dans un mur.IMG_4151

    De plus, si vous trouvez l’endroit venteux, c’est normal : le Diable a été enfermé dans le Pilier des anges de la cathédrale et sa monture, qui n’est autre que le vent, l’attend et tourne sans relâche autour de l’édifice, impatient de revoir son maître.

    Mais le plus fort, sur cette place, c’est ce poteau.

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    La légende raconte que, chaque année, les femmes y faisaient passer leur mari. Si leur ventre ne bloquait pas le passage, ils pouvaient boire de la bière une année supplémentaire. Sinon, c’était disette jusqu’à l’an prochain.

    >>> si vous voulez un 4e endroit original, il y a aussi le palais universitaire, petit bijou méconnu de la Neustadt.