Alsace

Où voir les plus jolis noms de rues de France ?

Rue du Général-de-Gaulle. Rue du Lavoir. Rue Victor-Hugo. Rue Principale… Vous trouvez pas qu’on a tous les mêmes noms de rues ?

C’est ce qu’a dû se dire aussi Sarkis, un artiste turc installé à Paris, quand, en 1993, il est invité par Sélestat.

Sélestat ? Une ville pile entre les départements du Haut et du Bas-Rhin, en Alsace, où tu as l’impression d’être zieuté en permanence par le Château du Haut-Koenigsbourg.

« Je te vooooiiis… » Le Château du Haut-Koenigsbourg, sale petit voyeur.

Mais, surtout, une ville assez chouette, avec ses petites rues, sa Bibliothèque humaniste ou son joli château d’eau de 1906.

Le château d’eau qui envoie de la classe de Sélestat.

Quand il arrive à Sélestat, Sarkis demande à faire le tour de la ville. Et tombe en admiration devant les remparts.

Son oeuvre sera là, indique-t-il au maire, un poil déçu qu’il n’ait pas choisi le centre-ville.

Un lieu où l’on vient se bécoter

« Sarkis ne cherchait pas un “bel endroit”, pas un lieu de passage au centre-ville. Il voulait un lieu où se retrouvent des marginaux, où les collégiens viennent se bécoter, mais en lien avec l’histoire, le patrimoine » , racontait, l’an dernier, Sophie Fontenau, chargée de la médiation culturelle à Sélestat, au journal l’Alsace.

L’artiste l’a donc décidé : c’est ici qu’il réinventerait les noms de rues de Sélestat.

La ville en compte alors 310 ? Soit : il inventera 310 nouveaux noms de rues, sous le nom de projet « Point de rencontre : le Rêve ».

310 plaques : ça en fait, du monde !

C’est que l’oeuvre incite à lâcher complètement la réalité. Parfois, c’est un mot. D’autres fois, une phrase. « Nu », « Mer de la nuit », « Quel âge avais-tu ? ». Ou, mon préféré : « Vous êtes amoureux. »

Hum, « Eau de sépulcre »…

C’est un peu comme un jeu. A chaque fois qu’on passe devant, on en trouve un nouveau. Il y en a qui ne marquent pas. Et d’autres qui sont bien jolis.

Alors, soyons fous : et si on rebaptisait nos rues de manière plus poétique, nous aussi ?

Quitte à garder leur signification première, mais à le faire de façon un peu moins terre à terre : Rue du général au grand nez, rue de l’eau qui chante…

>>> Le site de la ville de Sélestat

>>> Le site de Sarkis

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La pire interview

« En Iran, j’ai rencontré un Grec qui regardait François Hollande à la TV »

Lectrices, lecteurs, retenez bien cette date du [ne pas oublier de mettre ici la date où je publie l’article !!!], car elle est historique.

Dans dix ans, vous vous en rappellerez avec émotion en vous disant : ah je me souviens très bien de ce que j’étais en train de faire quand c’est arrivé ! Dans vingt ans, vos petits-enfants vous demanderont : vénérable ancêtre/vieille schnock, as-tu connu ce jour-là ? Et dans trente ans…ah bah non, on sera tous morts à cause du réchauffement climatique. C’est vrai.

Une nouvelle rubrique !

Bref, ce dimanche est un jour historique, car c’est celui de l’inauguration d’une nouvelle rubrique dans le Pire blog de voyage au monde !Son nom ? La pire interview. Son but ? Interviewer journalistes, blogueurs et autres férus de voyages, mais en leur posant des questions…différentes.

Et, pour l’inaugurer, j’ai le plaisir et l’honneur d’inviter Marine Sanclemente, une fille trop cool et une super journaliste indépendante qui a fait le tour du monde pour ses articles. Je l’ai d’ailleurs rencontrée à… Saint-Lô.

Marine Sanclemente à Saint-Lô (pas du tout)

Vous l’avez lue dans National Geographic Traveler, dans Le Parisien, dans Technikart… Et la voici sur Le pire blog de voyage au monde 🙂 Merci Marine !

Ton pire voyage ?

Marine Sanclemente : Je pense immédiatement à la Bulgarie, ce voyage a été un calvaire du début à la fin ! Je voyageais en bus depuis Istanbul avec une amie. Nous avons été déposées par erreur à 5h du matin au bord d’une route à 30 minutes de marche de la première ville… et obligées d’attendre par -5°C l’ouverture du premier café.

Difficultés avec le stop, couchsurfer détraqué, problème de billet pour rentrer en Turquie : l’ensemble du séjour a été dans le même registre. 

Ta rencontre la plus cocasse ? 

Un Grec d’une cinquantaine d’années, installé en Iran, qui regardait les discours de François Hollande à la télévision. Il avait pour projet de construire une salle dissimulée sous sa maison pour inviter des amis, boire de l’alcool et écouter de la musique de discothèque sans prendre de risque avec la police des moeurs.

L’une des choses les plus improbables qui te soit arrivée en voyage ?

Probablement une panne de bus sur une route de montagne au Laos (bien que cela soit assez fréquent là-bas). Tous les passagers étaient descendus du véhicule pour le pousser. Le brouillard était dense et très bas, ce qui conférait au lieu une atmosphère presque mystique. Après une dizaine de tentatives infructueuses, nous avons tous explosé de joie quand le chauffeur est parvenu à franchir la côte.  

Marine avec un ami.

L’endroit le plus insolite où tu as été ?

C’était en Guyane, lors d’un récent reportage à Taluen, un village où vivent les Wayanas (peuple amérindien). Ce lieu est accessible uniquement par pirogue, après quelques heures de navigation sur le Maroni depuis Maripasoula, la ville la plus proche.

Le lieu où tu as eu peur pour ta sécurité ?

Dans un camp d’orpaillage illégal, au Suriname. J’étais avec une photographe et nous discutions avec les garimpeiros, des chercheurs d’or clandestins originaires du Brésil. Nous avons été interrompus par l’un des patrons du lieu, qui nous a cordialement invité à partir, kalachnikov autour du cou.

Un endroit que personne ne connaît mais que tu trouves fou ?

Un minuscule café niché dans l’un des ateliers du Grand Bazar, à Istanbul. Depuis ce lieu réservé aux initiés, la vue sur la ville est à couper le souffle. 

>>> Son site : https://www.marinesanclemente.com/

>>> Son compte Twitter : @marinesclt