Bretagne

J’ai visité le musée du pâté Hénaff

Vous avez sans doute déjà vu sa petite boite bleu et jaune. C’est ici, à Pouldreuzic (Finistère), que le célèbre pâté Hénaff – « avec tous les morceaux nobles du porc y compris le jambon » – est né.

Et on en est fiers : château d’eau aux couleurs de la marque, grande boutique où l’on trouve aussi bien du « pâté collector » que des chaussettes aux couleurs d’Hénaff…et même un musée !

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Vous connaissez mon goût pour la culture : en vacances dans le coin, j’étais obligée d’y aller. Et j’ai été un peu déçue, j’avoue. Covid-19 oblige, la visite n’était pas commentée par des guides, et je trouve qu’il manquait quelques éléments. Notamment, des détails sur comment la famille Hénaff s’est retrouvée à faire du pâté.

Ça pourrait être sympa en salon de jardin.

Parce que, à la base, Jean Hénaff, c’est dans la conserverie de légumes qu’il se lance en 1907 (puis, même dans les poissons !). Mais les légumes, c’est saisonnier et lié aux récoltes. Il y a pas mal de cochons dans le coin ? Les Hénaff se lancent dans le pâté. Et, petit à petit, abandonnent légumes et poissons.

La forme de la boite a changé, pas les couleurs.

Si le passage des légumes au pâté n’est pas très explicité dans le musée, par contre il y a des panneaux entiers sur la famille Hénaff (vous saurez tout sur Jean et ses enfants et le contexte historique dans lequel ils vivaient), le matériel utilisé (c’est parfois très technique), l’ambiance qui régnait dans les usines de l’époque, avec chants entamés pour se redonner du courage…

Quand Hénaff faisait des haricots verts.

Et puis, il y a tous les objets exposés : l’évolution des boites de pâté Hénaff, bien sûr, mais aussi des choses plus originales. Par exemple, une feuille datant des années 1950 listant des idées de slogans publicitaires.

C’est lequel votre préféré ?

Ou cette lettre provenant de « l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque », datée de 2011. Où la Marine française affirme à Hénaff que leurs produits sont « très appréciés de nos marins ». Et demande à la société de faire preuve de générosité en faisant « parvenir des lots [qui] nous permettront d’agrémenter notre patrouille dans le cadre de tournois, lotos ou challenges. »

Mon assistant Patrick à côté d’une boite de pâté Hénaff format standard. Aucun rapport avec la Marine, mais comme il voulait ABSOLUMENT avoir sa photo dans l’article, j’ai dû le caser quelque part.

Vous avez terminé la visite ? Alors n’hésitez pas à faire un tour aux toilettes, où les poubelles ont la forme de jolis petits cochons roses

Coucou.

Musée La maison Hénaff, à Pouldreuzic. Entrée : de 1,50 € à 3 €. Attention, il n’est pas ouvert toute l’année ou alors sur réservation et il faut être un groupe. Renseignements sur henaff.com

Pays de la Loire

Dans les Pays de la Loire, où voir des vaches très croyantes ?

Dans les Pays de la Loire, le village de Fontaine-Daniel est connu pour son activité textile. Son bel étang. Ses grands arbres qui longent de grosses maisons en pierre.

Moins pour ses vaches pieuses. Et pourtant, là, à quelques mètres de la grande place du village, elles se pressent pour rentrer à la queue leu leu dans une chapelle.

À la sortie de la messe

Enfin, soyons plus précises : dans la porterie cistercienne du 13e siècle, qui faisait « à la fois fonction de chapelle et de porte d’accès au clos de l’abbaye » des lieux, explique le compte Instagram Amis de Fontaine-Daniel.

Une porterie cistercienne…où désormais on trait les vaches, puisque c’est un éleveur qui s’est établi ici. Un peu blasphématoire non ? « Pas du tout », répond ce guide présent dans la chapelle Saint-Léonard, à Mayenne, en ces Journées du patrimoine 2020.

Plutôt sympa cette étable, à Mayenne…

Cette petite chapelle du 14e siècle cachée derrière les arbres de l’entreprise Seb-Moulinex (!) a elle aussi abrité des vaches. C’est que son caractère sacré avait disparu depuis longtemps : avant de devenir étable, elle avait même été transformée en habitation, avec cheminée et fenêtres à la place des vitraux.

Il fallait se loger, puis loger ses vaches, point. On ne s’embêtait pas en s’interrogeant si c’était sacrilège ou non.

Chelous ces reporters de « Potins magazine »

Les vaches qui ruminaient ici en avaient de la chance en tout cas : sur les murs s’étalent encore aujourd’hui de grandes peintures du 14e siècle. Dont des rigolotes : un saint qui montre ses entrailles, lovées dans ses mains. Ou un diable qui écoute et note les conversations des pipelettes de l’église, tandis qu’un autre en emporte une dans sa hotte.

Le gars trop fier de ses intestins quoi

Des dessins qui devaient rappeler à l’ordre celles qui étaient un peu trop bavardes pendant la messe. Pas sûre que les vaches aient bien compris le message…

Merci à Alan pour la photo de vaches et à Maïenne pour cette chouette découverte de la chapelle Saint-Léonard 😊

Bretagne

En Bretagne, quel est l’endroit parfait pour devenir fou ?

De l’île de Sein (Finistère), ce n’est qu’une petite tache blanche au loin, sur un gros bloc brun. Sur Google Maps, c’est un point rouge perdu au milieu de l’océan. Bref, la maison-phare de Tévennec (du breton Tevennog = petite falaise), hissée sur un rocher, est loin de toute terre habitée. Très loin. Trop loin.

Par Calcineur — Photographie personnelle, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10910498

Dans le rez-de-chaussée du phare de l’île de Sein, une grande affiche est consacrée à cette maison-phare achevée en 1874. Et sa lecture donne froid dans le dos : l’endroit serait maudit, hanté. L’affiche déroule ainsi la liste des noms de gardiens qui y sont devenus fous. Ou pire : qui y ont perdu la vie.

« Ici c’est ma place ! »

Le premier à avoir posé le pied là-bas, c’est Henri Guézennec. C’est aussi le premier de la liste à être devenu maboule. En cause : des voix harcelantes, qui, en breton, lui demandent de partir. « Kers kuit, kers kuit… Aman ma ma flag. » « Va-t-en, va-t-en, ici, c’est ma place ! »

Le second gardien, Alain Menou, succombe aussi à la folie. Le curé de Plogoff se précipite sur le rocher et le bénit, pour « intimer au Diable de s’en aller ».

Tombé sur son couteau

Et puis, il y a la liste des morts mystérieuses : le gardien auxiliaire Milliner ; Alexis Kerbiou, que son compagnon est obligé de veiller deux jours et deux nuits jusqu’à la relève ; un autre gardien qui « tombe sur son couteau et se sectionne l’artère fémorale »

L’île de Sein, avec son phare au fond (je sais pas pourquoi je précise, genre il y a des gens qui pourraient le confondre avec les cailloux au premier plan).

Puis, des familles investissent le rocher. Comme les Quéméré, de 1900 à 1905, avec leurs enfants, une vache et un cochon. Ou les Ropars, à partir de 1907, qui subissent à nouveau des malheurs : beau-père emmené par une lame, nouveau-né qui meurt…

Et si c’était…faux ?

En 35 ans, ce sont 23 gardiens qui se sont succédé sur « la petite falaise ». »Lassée, l’administration décide, en 1910, de transformer le phare en feu permanent à gaz », conclut l’affichette.

Une histoire bien sinistre…mais est-elle seulement vraie ? Pas du tout, d’après l’historien Jean-Christophe Fichou. Qui ne trouve aucune confirmation de toutes ces morts atroces dans les archives bretonnes, ni de la soi-disant bénédiction du curé. Et conclut donc que la légende a supplanté la réalité.

L’origine des voix trouvée

Mais ces voix alors ? Existent-elles vraiment ? La réponse est oui : dans les années 1990, des plongeurs découvrent qu’un tunnel traverse le rocher. « Par fortes marées, l’air, qui y est comprimé, peut produire des sons extrêmement étranges et angoissants« , explique-t-on au phare de l’île de Sein.

Depuis 1910, plus aucun gardien de phare n’a posé le petit orteil à Tévennec, désormais alimenté par l’énergie solaire. Et, que ces histoires soient vraies ou fausses, c’est vraiment mieux ainsi !

Pays de la Loire

Cimetière mérovingien, prés classés monuments historiques, l’une des plus belles rues de France… J’ai visité les petites cités de caractère de la Mayenne

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