Bretagne

En Bretagne, quel est l’endroit parfait pour devenir fou ?

De l’île de Sein (Finistère), ce n’est qu’une petite tache blanche au loin, sur un gros bloc brun. Sur Google Maps, c’est un point rouge perdu au milieu de l’océan. Bref, la maison-phare de Tévennec (du breton Tevennog = petite falaise), hissée sur un rocher, est loin de toute terre habitée. Très loin. Trop loin.

Par Calcineur — Photographie personnelle, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10910498

Dans le rez-de-chaussée du phare de l’île de Sein, une grande affiche est consacrée à cette maison-phare achevée en 1874. Et sa lecture donne froid dans le dos : l’endroit serait maudit, hanté. L’affiche déroule ainsi la liste des noms de gardiens qui y sont devenus fous. Ou pire : qui y ont perdu la vie.

« Ici c’est ma place ! »

Le premier à avoir posé le pied là-bas, c’est Henri Guézennec. C’est aussi le premier de la liste à être devenu maboule. En cause : des voix harcelantes, qui, en breton, lui demandent de partir. « Kers kuit, kers kuit… Aman ma ma flag. » « Va-t-en, va-t-en, ici, c’est ma place ! »

Le second gardien, Alain Menou, succombe aussi à la folie. Le curé de Plogoff se précipite sur le rocher et le bénit, pour « intimer au Diable de s’en aller ».

Tombé sur son couteau

Et puis, il y a la liste des morts mystérieuses : le gardien auxiliaire Milliner ; Alexis Kerbiou, que son compagnon est obligé de veiller deux jours et deux nuits jusqu’à la relève ; un autre gardien qui « tombe sur son couteau et se sectionne l’artère fémorale »

L’île de Sein, avec son phare au fond (je sais pas pourquoi je précise, genre il y a des gens qui pourraient le confondre avec les cailloux au premier plan).

Puis, des familles investissent le rocher. Comme les Quéméré, de 1900 à 1905, avec leurs enfants, une vache et un cochon. Ou les Ropars, à partir de 1907, qui subissent à nouveau des malheurs : beau-père emmené par une lame, nouveau-né qui meurt…

Et si c’était…faux ?

En 35 ans, ce sont 23 gardiens qui se sont succédé sur « la petite falaise ». »Lassée, l’administration décide, en 1910, de transformer le phare en feu permanent à gaz », conclut l’affichette.

Une histoire bien sinistre…mais est-elle seulement vraie ? Pas du tout, d’après l’historien Jean-Christophe Fichou. Qui ne trouve aucune confirmation de toutes ces morts atroces dans les archives bretonnes, ni de la soi-disant bénédiction du curé. Et conclut donc que la légende a supplanté la réalité.

L’origine des voix trouvée

Mais ces voix alors ? Existent-elles vraiment ? La réponse est oui : dans les années 1990, des plongeurs découvrent qu’un tunnel traverse le rocher. « Par fortes marées, l’air, qui y est comprimé, peut produire des sons extrêmement étranges et angoissants« , explique-t-on au phare de l’île de Sein.

Depuis 1910, plus aucun gardien de phare n’a posé le petit orteil à Tévennec, désormais alimenté par l’énergie solaire. Et, que ces histoires soient vraies ou fausses, c’est vraiment mieux ainsi !

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2 commentaires sur “En Bretagne, quel est l’endroit parfait pour devenir fou ?

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