Bretagne

Bretagne. Top 3 des endroits où flipper sa race pour Halloween (et s’instruire un peu)

En cette belle année 2019, j’ai fait pas mal de visites macabres en Bretagne. De quoi vous concocter un petit top pour Halloween…

PS : pour les plus courageux, j’avais déjà listé, en 2017, quelques endroits bien sinistres

3/Dans une chapelle où l’on danse avec la Mort

La chapelle de Plouha, dans les Côtes-d’Armor, contient un petit trésor.

Plouha, dans les Côtes-d’Armor. Ses falaises impressionnantes, ses hauts faits de résistanceet sa danse macabre.

On la découvre dans la petite chapelle de Kermaria (attention, elle a des horaires d’ouverture, n’hésitez pas à appeler l’office de tourisme). Une danse macabre, c’est quoi ? Bah des gens qui se tiennent la main avec des squelettes. Histoire que rappeler que nous tous, chevalier comme simple enfant, on va tout bonnement et simplement mourir un jour. Oui, c’est pas très joyeux.

Dans la chapelle de Kermaria, ces scènes, peintes au XVe siècle et très rares dans les églises, se déroulent au-dessus de nos têtes, sur plusieurs mètres de long. C’est grâce à la très mauvaise idée d’un curé qu’on peut les voir encore aujourd’hui. Je dis très mauvaise, car, en 1850, François-Marie Perro a voulu carrément… détruire cette chapelle. Son idée : récupérer les pierres pour agrandir l’église du bourg.

Une partie de la danse macabre. Avec une énigme : pourquoi la femme, au-milieu, ne danse-t-elle pas ? « Peut-être qu’elle représente la peste, tente notre guide. Ou alors, c’est parce que la femme contient la vie mais aussi la mort. »

Sauf que, en 1856, un sinistre se déclare : un pan de mur est abîme par les intempéries, l’eau dégouline à l’intérieur de l’édifice… et, coup de bol, révèle la danse macabre, habilement dissimulée sous de la chaux après la Révolution française.

Hors de question alors de toucher à une pierrette (une petite pierre) de la chapelle. Le curé a le toupet d’appeler quand même les démolisseurs ? Les habitants ne se laissent pas démonter. Et les attendent fermement, avec fourches et bâtons. Ils sauveront les lieux et nous permettront à nous, générations futures, d’assister à cette danse diabolique et de flipper tranquillement notre race.

2/Dans un château hanté par une jambe de bois

Le château de Combourg, avec le jeune Châteaubriand jouant avec son petit chat.

Vous connaissez peut-être la tombe du grand écrivain français François-René de Chateaubriand : elle est installée pépouze sur une île appelée le Grand Bé, que l’on voit depuis les remparts de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Elle n’est accessible aux marcheurs qu’à marée basse. C’est que Môssieur voulait être tranquille, avec juste la mer et le bruit du vent (ce qui me fait doucement rigoler quand on voit le peuple qui passe à marée basse).

Châteaubriand admirant sa vue.

Mais connaissez-vous le château de la famille de Chateaubriand ? Il se situe dans la mignonne ville de Combourg (toujours en Ille-et-Vilaine), dont le style m’a un peu fait penser à Lassay-les-Châteaux (en Mayenne), qui a elle accueilli Victor Hugo (bon, c’était que pour une nuit, d’accord, mais c’est la classe quand même).

Que dire de ce château ? Un grand parc, de hauts arbres, de grosses pierres. Et un intérieur un peu sinistre. Le jeune François-René y passera ses vacances, puis deux années entières, entre 16 et 18 ans. Deux années « de délire » dira-t-il dans ses « Mémoires d’Outre-Tombe ».

Perso, je ne pense pas qu’il s’agisse du « délire » actuel. Parce, qu’en feuilletant cet énorme pavé qu’est « Mémoires d’Outre-Tombe », on tombe quand même sur des descriptions où l’on comprend que tout n’est pas éclairé, qu’il fait froid et que le père erre dans ces lieux tel un fantôme. Même, il se fout de la gueule de son fils qui a un chouïa la trouille la nuit.

Fear the…jambe de bois !

Et pour cause : on raconte que les lieux sont hantés ! Et pas par n’importe qui : par un chat noir et par…une jambe de bois (on ne rigole pas, s’il vous plaît). Celle de Malo-Auguste de Coëtquen, ancien comte de Combourg, qui a eu sa (vraie) jambe emportée par un boulet de canon lors de cette fichue bataille de Malplaquet.

Dans la tour qui faisait office de chambre à François-René (visitable mais il faut payer un droit d’entrée), on imagine donc parfaitement ce dernier trembler comme une feuille sous sa couette. Une chambre où est actuellement exposée une momie de chat, découverte dans les murs du château, et qui daterait du XIVe siècle. C’est qu’à l’époque, on emmurait des chats noirs pour contrer le mauvais sort…

1/Dans une cathédrale flippante (et une chapelle terrible)

Niveau morbidité, j’ai rarement vu ça. Dans la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (Finistère) se trouvent ce qu’on appelle « les étagères de la nuit » (j’en avais parlé ici sur le blog).

Comment vous résumer ça ? En fait, au XVIe siècle, on a eu une idée super bizarre : vu que les cimetières sont archi bondés, pourquoi qu’on sortirait pas les anciens cadavres pour les mettre dans une fosse commune ? (pour l’instant, tout va bien) Et pourquoi on offrirait pas LA TÊTE DE CES CADAVRES A LEURS FAMILLES ??

Aussitôt pensé, aussitôt fait : on fabrique de belles petites boîtes où on fourre le crâne de tata Josette, qui sera aussitôt mise sur la cheminée ou alors sur ces fameuses étagères de la nuit.

Mais ce n’est pas dans cette cathédrale que j’ai le plus flippé ma race, mais dans la chapelle Notre-Dame du Kreisker, quelques centaines de mètres plus loin. Il s’agit d’une église du XIIIe siècle avec un immense clocher (78 m le machin) où, pour quelques euros, tu as le droit de monter pour admirer la vue là-haut vraiment tout là-haut.

La bête.

Vous me connaissez : rien ne m’arrête (ceux qui me connaissent vraiment, merci de ne pas laisser de commentaire pour contredire avec véhémence ce propos, merci). Alors, ni une, ni eux, je me lance et commence mon ascension marche par marche.

L’intérieur de la tour, vue d’en bas. Oui, le petit point noir tout au fond, c’est le sommet.

Premier petit souci : il y a une famille qui cherche à redescendre alors que je monte. Alors qu’il n’y a pas de place pour que des personnes puissent se croiser. On sait pas quoi faire, en plus j’entends tous leurs commentaires (« elle s’est poussée ou quoi ? vas-y, moi je descends »). Bref, je me retrouve à m’abriter dans un truc minus (des marches qui mènent nulle part) pour qu’ils puissent passer.

L’ascension reprend. C’est moi, ou les marches deviennent de plus en plus étroites ? C’est moi ou tout devient de plus en plus étroit ? Et l’escalier à vis de plus en plus serré ?

Je me retrouve quasi à quatre pattes, à déraper sur les marches et à me faire une psychose d’enfer : et si je reste enfermée là, y’a qui qui va pouvoir venir, ils vont pas détruire quand même un bout de l’escalier et l’hélicoptère il arrivera pas à passer, et le mec qui viendra me chercher il va me redescendre comment, déjà on arrivera pas à tenir sur une marche ensemble hahaha c’est drôle mais je vais crever dis donc et moi qui n’ai jamais mangé chez KFC quel gâchis je vous jure et…

La vue depuis le haut du clocher.

Alleluia ! Enfin, la vue apparaît. Et euh je m’attendais à mieux en fait. Je reste quand même un peu de temps en haut (j’ai pas fait tout ça pour rien oh)(et puis j’ai peur de redescendre mais c’est un détail ça). Heureusement, la descente est moins ardue. Et la librairie Livres in room et son jardin (où l’on peut boire un verre) très agréables pour se remettre des sensations fortes…

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